La Société de bienfaisance des journaliers de navires à Québec

Vue d'un navire de charge retournant au port après sa mise à l'eau réussie

Vue d'un navire de charge retournant au port après sa mise à l'eau réussie

Crédit : Nicholas Morant, Office national du film du Canada. Photothèque, Bibliothèque et Archives Canada, numéro d'acquisition 1971-271, e000761445

Alliant ses activités de secours mutuel aux activités syndicales, la Société de bienfaisance des journaliers de navires à Québec (SBJNQ) a marqué un tournant dans la consolidation de la défense collective des droits et des intérêts des travailleurs canadiens. L'importance historique nationale de cet événement est établie en 2006 par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.

La SBJNQ, l'une des premières et des plus importantes sociétés ouvrières de bienfaisance du 19e siècle, est fondée par une loi sanctionnée le 9 juin 1862. Formée d'abord comme association de secours mutuel, elle offre un programme d'assistance aux arrimeurs en cas de maladie et d'accident de travail ou d'assistance à leurs familles en cas de décès. Dans un contexte de mauvaise conjoncture économique, elle œuvre également à l'amélioration des salaires et des conditions de travail de ses membres, à une époque où les activités syndicales étaient interdites. Revendiquant un salaire standard auprès des marchands, ses membres déclenchent la grève en 1866 et en 1867. Malgré des tentatives infructueuses de faire annuler sa charte, l'association en vient à fonctionner comme un syndicat cinq ans avant que ne soit décriminalisé le droit d'association pour les travailleurs, en 1872. Elle obtient divers gains, tant sur les salaires que sur la durée de la journée de travail. En 1877, elle rassemble 5 000 travailleurs pour célébrer son anniversaire.

Symbole fort de la mobilisation ouvrière au 19e siècle, le succès de la Société, fondée par des travailleurs irlandais, s'appuie sur une ouverture aux travailleurs Canadiens français. En misant sur la cause commune des journaliers de navires, l'organisation s'est donnée les moyens d'atteindre ses objectifs, constituant l'un des premiers exemples canadiens de coopération entre groupes de différentes cultures pour la défense des droits et des intérêts des travailleurs.