Grosse-Île et le Mémorial des Irlandais

La croix celtique de 1909

© Parcs Canada / J.P. Jérôme, 1994

En 1974, la Commission des lieux et monuments historiques du Canada reconnaît la station de quarantaine de Grosse-Île à titre de lieu d’importance historique nationale. Le lieu, rebaptisé en 1996, commémore aujourd’hui l'importance de l'immigration au Canada, les événements vécus sur le site par les immigrants irlandais, principalement en 1847, ainsi que son rôle de station de quarantaine du port de Québec, longtemps principal point d'arrivée des immigrants au Canada.

De 1815 jusqu’en 1941, Québec est le principal port d’entrée de l’immigration européenne au Canada, 4,3 millions de migrants y transitant. Située au milieu du Saint-Laurent, en aval de Québec, Grosse-Île s’ajoute aux services affectés à l’immigration installés dans le port. En 1832, le gouvernement y établit une station de quarantaine afin de contrer les épidémies de choléra, ce qui en fait le poste d’accueil avancé de dizaines de milliers d’immigrants jusqu’en 1937. Cette migration a parfois des conséquences dramatiques : en 1847, 5 000 personnes, pour la plupart des Irlandais fuyant épidémies et famine, meurent sur l’île des suites du typhus ou du choléra. Plusieurs structures témoignent des difficultés qui y ont été vécues, dont le lazaret, les monuments et les lieux d’inhumation, notamment le cimetière irlandais.

Les premières installations de la station de quarantaine sur la Grosse-Île, en 1832

© Parcs Canada / Dessin de B. Duchesne, 1996


Aujourd’hui, l’occupation du site témoigne de l’évolution de la station et des modes de quarantaine : la physionomie d’ensemble remonte aux débuts du poste alors que les bâtiments illustrent surtout les changements survenus au début du XXe siècle. En 1991, le Bureau d’évaluation des édifices fédéraux du patrimoine attribue le statut d’édifice fédéral du patrimoine classé à cinq bâtiments et en reconnaît 15 autres.